Microsoft-INRIA : analyse

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Une analyse du journal Le Monde.

Le Monde publie une analyse de l’association MS-Inria.

Il tente de cerner les raisons de l’accord signé la semaine dernière pour ce laboratoire, morceaux choisis :

Microsoft ne fait que poursuivre sa stratégie d’implantation planétaire de laboratoires, après en avoir créé un en Angleterre (Cambridge) en 1997, un en Chine (Pékin) en 1998 et un en Inde (Bangalore) en janvier 2005.

Justifier ainsi un tel accord ne relève-t-il pas d’une incroyable naïveté ? L’emploi du temps de Steve Ballmer soulève un coin du voile. Le jour de la signature de l’accord avec l’Inria, il s’est rendu à  Bruxelles pour rencontrer la commissaire européenne à  la concurrence, Neelie Kroes. Là , selon l’International Herald Tribune, l’entrevue s’est terminée abruptement.

Ah, des soucis niveau juridique ? Qu’a-t-il tenté de négocier ?

Que peut signifier un geste qui, à  l’échelle de l’entreprise, ne dépasse guère le stade symbolique ? [en parlant des 10 malheureux millions de $]La réponse est peut-être, encore, à  chercher du côté de Bruxelles. Microsoft y livre un combat sans merci, depuis plusieurs années, pour obtenir la légalisation du brevet logiciel. L’entreprise s’oppose frontalement aux tenants d’une informatique libre, symbolisée par le système d’exploitation concurrent direct de Windows, Linux.

On peut craindre que Microsoft profite du prestige de sa puissance financière pour entraîner l’Inria dans une démarche essentiellement tournée vers la communication. Associée à  un laboratoire public, la firme de Bill Gates se retrouve, en quelque sorte, dans la place. Il sera plus difficile à  un ministère, une administration ou une entreprise publique d’opter pour le logiciel libre quand l’Inria, créé en 1967 à  l’initiative du général de Gaulle pour garantir alors l’indépendance technologique nationale, se sera intimement associé à  Microsoft. Idem vis-à -vis de l’Europe.

Effectivement, comment garder une indépendance technologique nationale quand on s’associe avec un tel géant ?

Le géant de Redmond peut espérer ouvrir de nouveaux canaux de lobbying via le gouvernement français grâce à  son association officielle avec l’institut public de recherche en informatique dont l’intérêt dans cette alliance apparaît flou. Sauf si l’institut espère convertir Microsoft à  la philanthropie.

Délire paranoïaque ou vision éclairée… vous optez pour quoi, vous ?

2 réflexions au sujet de « Microsoft-INRIA : analyse »

  1. Geobert

    Ne t’excuse pas mon cher Gilles, le point de vue d’une personne du domaine de la recherche est toujours le bienvenu 🙂

    Ce que tu dit n’est pas faux et permet de modérer mes spéculation alimenté par une certaine animosité pour une entreprise qui ne prends pas ses reponsabilités. Ensuite, le temps nous dira ce qu’il en sera de ce labo…

  2. Bloggeurs, Bloggueuses,

    Je voudrais partager mon humble avis avec vous sur ce point LOL

    Je pense qu’on mélange un peu tout dans cette histoire. Il faut différencier Microsoft (boite peu recommendable aux pratiques commerciales suffisement aggressives pour palier son manque de maîtrise du dévelopement logiciel en général) et Microsoft Research où comme son nom l’indique des chercheurs y travaillent…
    Inféodés aux grand Bill et à  ses systèmes ?
    Je ne suis pas sûr pour les raisons suivantes:
    – Les chercheurs qui sont recrutés par Microsoft research sont en général des professeurs confirmés ayant une certaine renommée dans le milieu (à  la fois pour assurer la qualité des travaux du labo qui vont éventuellement être réutilisés dans les produits microsoft et peut être aussi pour aussurer la pub de leur labos 😉 )
    – Ces chercheurs n’étant pas recrutés à  vie par Microsoft, ils ont intérêts à  assurer leur arrières donc continuer à  publier ("publish or perish") ainsi que de continuer à  rester crédible s’ils veulent retrouver une place de prof dans une université…
    – Pour autant que j’ai pu en juger dans mon boulot j’ai trouvé leurs travaux plutôt intéressants (au niveau des idées et ce sont les idées qui m’intéressent en premier lieu, la technologie vient par la suite) et pas trop partial. On a même reçu à  notre conf Genie logiciel/java en 2003 un "évangéliste" nous présenter comment faire cohabiter .NET et JAVA, ou autre exemple ROTOR qui est une implementation freeBSD de .NET.

    Donc pour moi Microsoft Research mérite plus de consideration que Microsoft.

    Concernant le labo avec l’INRIA, d’après ce que j’ai compris ce n’est pas dans l’INRIA directement mais pour construire une structure mixte. Donc dans ce cas l’INRIA garde son indépendance.

    Je pense aussi que Microsoft Research a une piste précise à  explorer: la sécurité. Or la sécurité informatique implique soit de la crypto soit des languages formels permettant son expression dans le cycle de vie du développement. Dans les 2 cas c’est théorique domaine dans lequel en France on est champion…

    Enfin je pense qu’il est erroné (comme j’ai pu lire dans un article forwardé par Geobert) de dire que l’INRIA est prêt à  tout pour un peu d’argent: Les gens de l’INRIA que j’ai croisés avaient des beaux macs portables et cette institution est souvent citée en example pour sa gestion. Certe la recherche en France ce n’est pas le pérou, mais mieux vaut être informaticien à  l’INRIA que Biologiste à  l’INSERM…

    Voila je précise n’avoir aucune action chez microsoft, ni personne à  défendre la-bas, adhérer a la philosophie linux depuis 1996 (bien qu’au niveau de sa mise en pratique fut plus hardue :)) et vous prie d’excuser ce très long commentaire… LOL

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