Surfons sur la vague (5/5)

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Voici le cinquième et dernier billet de la série sur Google Wave et ce que ça apporte.

  1. Genèse
  2. Email et Instant Messaging
  3. Travail collaboratif
  4. Extensions
  5. Ouverture (vous y êtes)

Ouverture

On est en présence d’un nouvel outil de communication qui est plein de potentiel, Google ayant pour ambition de remplacer l’email. Leur présentation a généré un formidable engouement tout autour du globe mais des gens ont quand même été méfiants vis-à-vis de cette technologie.

C’est tout à fait légitime, Google étant déjà très puissant, on commence à le voir comme le nouveau Microsoft : il y a des risques que la société acquiert trop de pouvoir et ne se mette à abuser de sa position dominante. Avec la quantité d’informations personnelles qu’elle possède, on peut effectivement se faire du soucis.

Eh bien ça vaut ce que ça vaut, mais tout le système est annoncé comme ouvert. Ouvert au niveau du protocole, ce qui permet à tout le monde de programmer son propre wave tout en étant capable de parler avec les autres versions de Wave (dont celle de Google). Là, on se dit que c’est bien beau mais Google ayant un beau proto qui tourne bien, ils ont une sacrée avance.

Le client Google est (presque) entièrement codé en suivant le standard HTML5, ce qui permettra au plus grand nombre des navigateurs internet d’afficher correctement le logiciel (en gros, il va en manquer un… devinez lequel…).

Là, Google annonce que tout ce qu’on a vu sera open source, n’importe qui pourra partir du proto et le modifier à sa guise. Il faut bien sûr attendre de voir une fois que ce sera fait, sous quelles conditions, quelle licence etc… mais ça a au moins le mérite d’avoir une volonté d’ouverture.

Cette ouverture n’est pas anodine : si ce système de communication restait 100% Google (codé par, hébergé par), il n’aurait aucune chance de percer. Le seul capable de faire ça est Microsoft – et il l’a déjà fait avec MSN supplantant ICQ, grâce à un abus de position dominante – et Google le sait. Du coup, il s’appuie sur la communauté de développeurs, en leur présentant un prototype assez buggé (il y a eu quelques incidents pendant la présentation) ce qui est vraiment inhabituel pour Google afin de fédérer un maximum de monde.

Conclusion

En discutant avec des non geeks, je me suis aperçu que ça n’intéressait pas beaucoup les gens finalement. Il y a bien sûr le facteur « habitude » qui est vraiment très difficile à casser, je me souviens encore de ma croisade pour Firefox contre IE à ses tous débuts, les gens n’aimaient pas les onglets !

Google a donc beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre son but mais il a les épaules à n’en point douter. Personnellement, je trouve beaucoup d’avantages à ce système. J’ai beaucoup de communications sur divers média et pouvoir les consulter de manière centralisée sera un gain de temps énorme. Ça me rappelle un peu le jour où j’ai découvert les flux RSS : une manière centralisée d’être notifié des mises à jour de mes sites préférés sans avoir à faire ma « tournée ».

Bref, je suis parfaitement d’accord pour dire que l’email est totalement dépassé aussi bien architecturalement – copier le même objet n fois au lieu d’en partager un unique – que techniquement – toutes les informations techniques d’un mail sont modifiables à volonté, rien de plus simple que de créer un faux mail de toutes pièces, preuve en est de certains spams qu’on reçoit, dont on est soi-même l’auteur. J’espère que Google poussera bien cette plateforme et la laissera aussi libre qu’il le prétend (et si c’est le cas j’y contribuerais sans aucun doute) pour qu’on se dote enfin d’un moyen de communication moderne et efficace.

3 réflexions au sujet de « Surfons sur la vague (5/5) »

  1. Les non geek ont besoin de concret. De visuel, d’explication d’utilisation 😉 C’est comme l’interface visuel des OS, comme disait mon prof de C passablement macho « c’est un truc inventé pour les secrétaires ».

  2. Geobert

    Ya de ça, mais je t’assure : Firefox 1.0 était déjà supérieur à IE6, et j’avais beau faire des démo et des explications, bah les gens en avait peur car c’était pas la même icône…

  3. marc

    « Old habits die hard », et ça nous concerne tous je pense. Moi j’ai du mal à décrocher d’emacs, que ça soit pour écrire du code ou lire mes mails… Pourtant, je suis persuadé que pour certaines choses, y’a des techno plus adaptées. Les gens que ça n’interessent pas, l’argument « c’est mieux, ça va te changer la vie », ça leur en touche une sans faire bouger l’autre :D.

    Concernant ton prof Jaessa, il doit se dire que le marché des secrétaires est porteur, quand on voit ce qui fait le succès de Apple 😀

    Bon courage pour le prosélytisme, moi j’ai abandonné et je n’aide que les curieux.

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