Papier électronique : chouette ! Ou pas ?

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Tout doucement, le livre électronique prend de l’importance dans notre société. Les machines qui les lisent commencent à se diversifier dans les catalogues et certains les voient déjà comme le prochain gros changement dans la consommation de produits culturels.

samsung-ebook-papyrus-01_320_smallPourquoi le concept même de ces lecteurs de livres électroniques alors qu’on a déjà plein d’appareils qui permettent de lire du pdf ou autre ? Ces appareils utilisent un écran qui n’est pas un écran à cristaux liquides (LCD) comme on a de nos jours sur nos bureaux et dans les portables. Ces écrans utilisent la technologie du papier électronique : pour simplifier, c’est un écran composé de milliers de billes avec une face noire et une face blanche. Appliquer un courant électrique permet de les faire tourner de manière à former des lettres. L’avantage est qu’une fois les lettres formées, on éteint le courant économisant ainsi la batterie (on parle de 15 j d’autonomie en moyenne). De plus, ils ne nécessitent pas de rétro-éclairage et se comportent comme du papier niveau luminosité (lisible au soleil) et fatiguent donc beaucoup moins les yeux (avis à ceux qui ne peuvent lire sur écran de longs textes). Et puis, n’oublions pas l’aspect économie de papier qui fera du bien à la planète.

Ces appareils ont donc leur valeur ajoutée par rapport à tous les appareils portatifs et personnellement ils m’attirent beaucoup. Ce qui me retient ? Déjà leur prix. Ils coûtent tout de même environ 200€ pour le moins cher d’entre eux ce que je trouve encore excessif pour lire des livres (c’est l’usage que j’en aurais en tout cas). Bon à la limite, en cassant la tirelire, je pourrais m’offrir ce genre de joujou mais un autre élément rend la chose complètement rédhibitoire : le contenu. Bah oui, pour lire sur le livre électronique il faut encore l’alimenter en livres ! On peut en trouver des gratuits pour ceux qui sont tombés dans le domaine publique et acheter les autres auprès de boutiques dédiées. Et comme on parle argent et boutique, on parle de marché. Et qui dit marché (nouveau qui plus est) dit concurrence et manœuvre pour évincer les autres : format propriétaire et autres DRM.

kindle2_frontPour éviter la copie des livres (et oui un livre électronique n’est qu’un fichier informatique copiable d’un coup de Ctrl-C Ctrl-V) Amazon a fortement lié son lecteur de livre électronique Kindle à sa boutique de livre online (format lisible que sur Kindle) et en plus les a protégés avec un système anti-copie qui interdit de le prêter à un ami. Tour de force de la part d’Amazon avec l’affaire 1984 où ils ont démontré en un clic le caractère nocif des DRM : ils peuvent effacer un livre qui est sur votre Kindle et toutes les annotations que vous auriez pu faire dessus.

Heureusement certains acteurs un peu en retard par rapport à Amazon s’unissent autour d’un consortium qui met en avant un format ouvert de livre électronique : on ne serait plus obligé d’acheter ses livres chez un fournisseur donné. Là où la déception frappe est que le DRM est possible sur ce format. Barnes and noble exploite d’ailleurs ce format avec DRM : on peut le lire depuis n’importe quel lecteur supportant le format ouvert e-pub mais on peut prêter le livre 15 j à un ami après quoi l’ami ne pourra plus le lire. On ne sait pas si on peut prêter à nouveau ou encore le céder (revente interdite ?).

Autre déception, ces appareils ont beau faire économiser du papier dans le concept, la fabrication de ces appareils est assez polluante au final. On est loin de la superbe action verte que certains constructeurs mettent en avant.

Voilà, une technologie qui est super cool sur le papier (ah ah) mais qui en pratique déçoit beaucoup 🙁 Espérons que les progrès seront rapides pour corriger le tir !

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