Ce qu’on aurait gagné à passer à Wave

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Je préparai cet article pour promouvoir Wave. Et je découvre avec stupeur que son développement a été interrompu purement et simplement 🙁

Je voyais Wave comme l’outil fédérateur manquant : membre de plusieurs forums, j’espérais un moyen de rassembler mes différentes interventions dans Wave.

Il m’arrivait aussi d’avoir une discussion IM (jabber) depuis le travail et de m’envoyer un mail sur gmail pour récupérer l’information une fois chez moi ; avoir eu la discussion dans Wave m’aurait évité cette étape.

Ils avaient montré une intégration avec Blogger pour suivre les commentaires d’un post de blog depuis Wave, j’attendais le plugin WordPress avec impatience…

Tout cela n’est que gain de temps et de confort, mais le cas qui m’a fait rêver d’un monde où tout le monde utiliserait Wave, c’est simplement dans les emails que je l’ai croisé : un mail de masse pour organiser une fête ou un cadeau, les gens répondent à partir du dernier mail reçu qui est déjà périmé car quelqu’un d’autre a répondu. Ceux qui ne peuvent se joindre à la fête et qui veulent être enlevés de la — très — longue liste des destinataires, qui doivent le demander encore car une copie du mail avec eux circule toujours. Les mails de réponse en chaîne car une personne réponds à chacun des mails reçus à grand renfort de « oubliez le mail précédent »… Tout ce chaos était résolu dans Wave… *soupir*

Alors pourquoi cet échec ? Une trop grande puissance.

Cet outil est complexe, il y a du wiki, du mail, de l’instant messaging, du document collaboratif, du réseau social, du temps réel… un peu trop de choses pour le quidam qui ne maîtrise pas la moitié de ce je viens d’énumérer. Faire une interface qui permette de manipuler cette richesse n’est pas aisé et ce qu’ils ont fait n’était pas suffisant : compliqué, lent (dur de s’en servir sur un netbook un peu ancien).

Une autre raison du fiasco est la politique d’ouverture : le coup des invitations, ça a marché avec Gmail car ça fonctionne avec les autres gens qui ont un mail qui ne soit pas Gmail. Faire ça avec un service qui ne fonctionne qu’avec lui-même, pour du collaboratif, c’est le rendre inutile d’office. L’ouvrir à tout le monde un an plus tard n’aura rien changé, le buzz étant tombé.

Enfin, le truc qui a ruiné Wave : le manque d’intégration avec les emails. Quand on a comme ambition de réinventer le mail, il faut pouvoir l’absorber pour faire venir les utilisateurs. Était-ce techniquement trop difficile ? Je ne sais pas, mais je me souviens que ce fut ma plus grande déception quand j’ai mis la main sur le service.

Du coup, le mail n’est pas prêt de mourir (gardant avec lui tous ses défauts) et on va devoir attendre du progrès du côté de Mozilla et son projet Raindrop pour la centralisation.

Tout ça me laisse un goût amer de déception 🙁

2 réflexions au sujet de « Ce qu’on aurait gagné à passer à Wave »

  1. Sylvain

    Pour avoir essayer d’utiliser wave avec des collègues, je pense que le principal problème vient du design qui n’a pas réussi à rendre abordable la non-linéarité de son fonctionnement.

    Le mail, l’IM, une conversation téléphonique sont des pratiques linaires : les actions se suivent dans le temps. Si on veut se référer à une action antérieure il faut la recontextualiser et elle risque d’annuler tout ce qui a suivi. C’est « pauvre » mais facile à appréhender donc à accepter.

    Le partage de documentation ou le versioning peuvent être non-linéaires avec le risque de se retrouve à des « fourches » lorsque plusieurs personnes éditent un doc/code simultanéement.

    Wave souffre à mon avis de ce syndrome. Il est possible de faire du non-linéaire (un réseau social type facebook ou un forum en sont les exemples) mais il faut alors que l’expérience utilisateur soit la plus claire possible, que l’appréhension de l’outil soit immédiate et qu’il « aide » l’utilisateur. Ex : lorsqu’un commentaire est ajouté à un post facebook que j’aime, je suis averti par email, au risque d’être submergé d’email.

    Cette clareté dans l’utilisation n’a pas été au rendez-vous lorsque j’ai utilisé Wave et j’ai rapidement abandonné l’outil.

    Alors quel avenir? A mon humble avis, Google devrait travailler les interactions entre ses outils avec gmail comme socle commun : pouvoir très facilement intégrer dans gmail des extracts de doc, de spreadsheet, de picasa (et autres), de maps, du web via des extensions de navigateurs. Le bon exemple selon moi : le partage d’url ou de video dans Facebook. Un simple copie-coller du lien récupère titre, résumé, illustration et génèrent un post prêt à l’emploi. Simple et efficace.

    Pour élargir, je pense qu’il y a peut-être qqch à faire dans chromeOS (ou tout autre OS) pour rendre l’interaction entre les contenus (post d’un blog, url, tous types de médias, copier-coller d’un extrait texte ou images, maps, ebook) et l’espace de travail aussi simple et efficace dans le cadre du travail.

  2. addy

    Ha, beh je suis déçue aussi pour le coup!
    J’ai aussi essayé d’y amener des gens, mais effectivement, dès qu’il s’agit de personnes un peu moins à l’aise avec internet, c’est très compliqué… Sans parler du plugin spécial pour explorer, et du fait que c’était en anglais…

    Dommage, très dommage !!

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