Live de DJ

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Voici un live de DJ :

À la vue de cette vidéo, j’allais écrire un article bien baveux sur le fait que je trouve ridicule le principe de live de DJ. Puis en listant mes arguments et en prenant du recul, me suis aperçu qu’ils n’étaient pas pertinents.

J’allais dire que je ne voyais pas en quoi manipuler des boutons en repompant le son fait par d’autres et tout mélanger dans une mixture plus ou moins digeste pouvait être difficile. Que les musiciens avaient beaucoup plus de mérite car maitriser leur(s) instrument(s) avait nécessité plus de travail. Que la créativité n’était pas de très haut niveau vu qu’ils utilisent des samples.

Mais en fait, ces arguments ne tiennent pas debout : une platine ce n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus simple à manipuler. Ça nécessite un apprentissage, et une maitrise avant de pouvoir être créatif dessus. Et beaucoup font leur propre sample.

Alors pourquoi ai-je ce dédain pour le live de DJ ? Certes la musique électronique ne fait pas partie de mes genres préférés mais « Down the road » de C2C ou pas mal de morceaux d’Archive me plaisent, je ne suis donc pas totalement fermé au genre. Ça ne vient donc pas du style musical.

Je pense que la raison principale qui fait que je dénigre le live de musique électro est le manque de charisme d’un DJ en action :

djÀ comparer à l’allure d’une rock star :

no-not-this-fleaSur scène, les musiciens occupent l’espace, courent, dansent (non, faire le pigeon avec sa tête sur l’intégralité du concert n’est pas une chorégraphie). Les DJ, eux, restent derrière leur table de mixage, leur dextérité n’est pas perceptible. Chais pas, c’est comme si on allais voir un live d’un grand chef cuisinier, c’est totalement ridicule ! Je ne parles pas de prendre un cours de cuisine hein, juste le regarder cuisiner.

Enfin il y a la nature même de la musique de DJ. Aussi compliquée soit-elle, une platine est au trois quart automatisée, le DJ devant superviser l’enchainement des samples qu’il a choisit. Et dans un  processus où la machine occupe une telle place, je n’arrive pas ressentir quoi que ce soit. Quand je vais voir un artiste en concert, sa présence scénique participe beaucoup au ressenti que je peux avoir sur ce que j’entends.

Sur l’extrait au début de l’article, ils sont quatre. Et pourtant je n’y vois aucune présence scénique. Ils sont sur leur platine, font les même gestes, je ne sais même pas qui est responsable de quoi dans la chanson. Comment s’attacher à qui que soit ? Comment sentir que c’est un live et non pas un gloubi glouba totalement programmé ?

Le manque de vie dans un live, c’est ça qui me dérange le plus finalement.

2 réflexions au sujet de « Live de DJ »

  1. Franck

    Hum, pour aimer un peu plus que toi les musiques électroniques, je dois dire que tu n’a pas vu l’essentiel.

    Pour le coup l’usage d’une platine s’est bien simplifié avec des platines modernes, un DJ ne va pas bosser plus de 20% du temps de son set et passera le reste du temps à interagir avec le public et à penser à ce qui va suivre (sauf quand comme certains genre la SHM, il se permet de jouer le même set chaque soir, mais bon on appelle plus cela du dj-ing). Donc ce n’est pas parce qu’il agite les bras en l’air qu’il fait du playback même si cela arrives comme ailleurs.

    On a donc le choix entre un mode ou le DJ n’a en apparence plus rien à faire (encore que même avec ca Guetta arrive à foirer la moitiée de ses transitions en live mais il doit le faire exprès) mais peut consacrer son temps au public et un mode ou il a besoin de la plus extrème concentration.

    Mais la n’est pas l’essentiel. Un DJ set c’est avant tout une construction longue et sur plusieurs heures et c’est très différent d’un spectacle rock. Les bons DJ sont parfois capable de donner des shows qui peuvent atteindre 7 ou 8 Heures d’affilé (Armin van Buuren, Tiesto, Sven Vath) et cela nécéssite une bonne construction pour garder le public sur toute cette durée. Finalement le fait d’être techniquement bon dans l’exécution est un prérequis mais ce n’est pas cela qui fait un bon DJ (enfin bon y’a des limites quand même et Guetta en plus de choisir des tracks de m3rde les a largement franchies). Le bon DJ est celui qui va construire un enchainement sur plusieurs heures et à chaque fois réussir à flairer ce qui va exciter le public. Ou au contraire qui va calmer les choses tout en gardant le public dans le trip quand il a besoin d’un peu de repos. A certains shows j’ai presque eu l’impression qu’il fesait de la télépathie. La plupart des « bons » sont également producteurs, et ils vont produire une partie des disques qu’ils passent (et que d’autres passeront) et lors du travail préparatoire à un set de plus en plus souvent ils vont réaliser des « edit » (sorte de petit remix destiné à faciliter le boulot en live) parce qu’ils savent qu’ils ont envie d’enchaînes deux skeuds qui ne sont pas fait pour s’enchaîner. D’une certaine façon son boulot consiste à réaliser une sorte de composition originale à l’aide de copier/collers de disques existant (mais il a le droit de les retoucher la veille). Après les trucs genre C2C c’est très particulier et pas vraiment représentatif du paysage (même si c’est très bon).

    Pour te donner un exemple, un lien vers le meilleur set auquel j’ai assisté sur place (Armin Only 2008 @ Jaarbeurs Utrecht, NL) :
    https://www.youtube.com/watch?v=ibq-3bcb0k4

    (Malheureusement ce n’est qu’un DVD qui est un extrait des meilleurs moments ce qui en comprimant fait perdre une partie de l’intérêt de la construction d’un show sur près de 09H)

    Pourquoi le meilleur ? Probablement pas pour sa technique (C2C, Sven Vath ou Carl Cox sont sur une autre planête, si tu donne à quelqu’un qui sait mixer la tracklist d’un spectacle d’Armin il te le refera sans problèmes), mais de 22H à 07H du mat, les 15 000 personnes du public ont été à fond dans le trip avec quasi aucun temps mort (au point que les Hollandais sur place disaient que ce DJ est mauvais pour la recette du bar et c’est vrai cette soirée ne m’a pas coutée cher en boissons). Et pour le coup ce savoir faire la n’est pas donné à tout le monde. Mais cela dit si il avait foiré la technique et que les enchainement avaient été un peu « lourdingues » ca aurait clairement plombé l’ambiance (ce n’est pas seulement moche à l’oreille ca a le don de te faire décrocher le public qui était dans le trip avant et qui redescent sur terre à la faveur d’un beatmatch raté).

    Après la mode des grands festivals a un peu fucké le truc. Si tu va à Tomorrowland les DJ ont des sets de 2h, si tu rajoutes la pression, il vont tenter de passer le maximum de « bombes » au détriment de la réalisation d’une construction originale. Et plus le public qui vient est « inculte » (typiquement à Tomorrowloand ou à la Sensation) pire c’est vu que sa culture se limite aux derniers skeuds passés sur les radios commerciales et qu’il n’a pas la patience ni l’envie de tripper sur des trucs originaux (sans compter que ca limite le nombre de tracks que le DJ peut utiliser pour faire du teasing). Du coup ca détruit un peu le coté « magique » de la performance.

    Donc voila, ce que l’on attend d’un live sur un DJ set est très différent de ce que je vais attendre d’un live si je vais voir un concert de Rock.

    • Geobert

      Un collègue qui est féru d’élec m’a tenu les même propos globalement. On va mettre mon sentiment sur le dos que c’est pas ma came 🙂

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