Change the world

Tristan Nitot a été élu personnalité ayant marquée 2008 sur 01Net. Un fait qui l’a surpris parce que ça le place devant des politiques ou autres grands patrons. À travers ce vote, il voit toutefois un espoir :

Et si on assistait à la montée en puissance d’une nouvelle forme de pouvoir, celle de la participation des internautes ? Pas vraiment une démocratie, mais plutôt l’avènement des gens qui prennent leur destin en main, qui ne se contentent pas d’agir en consommateurs passifs. Rien ne me ferait plus plaisir ! Bien sûr, c’est encore hésitant, la preuve c’est que je suis à peu près sûr que tu n’as pas participé au vote toi même. Et Papa encore moins ! Si une mère ne vote même pas pour son propre fils qu’elle aime, c’est qu’il y a encore des barrières importantes à la participation. Mais c’est quand même un message d’espoir, ou c’est au moins comme ça que j’ai envie de le prendre : l’avènement d’un 5eme pouvoir, celui des gens qui se prennent en main et construisent le futur numérique.

Un 5e pouvoir mort-né

Ce 5e pouvoir existe pourtant déjà : c’est censé être les citoyens. Malheureusement, ce 5e pouvoir n’en a que très peu. Je ne parlerais que du cas français mais je suis sûr que ce sera transposable pour d’autres démocraties. On a le droit de vote qui permet d’élire certains de nos dirigeants en choisissant celui ou ceux qu’on juge nous représenter le mieux. Mais personne n’est dupe, ça ne marche pas vraiment, pour preuve le taux toujours important d’abstentions sauf cas de duel exceptionnel.

J’ai fait partie de ces gens qui grossissaient ce taux d’abstention. Dans un premier temps parce que je ne m’intéressais pas du tout à la politique, et dans un deuxième temps parce que je ne me reconnaissais pas dans les différents mouvements. Ajoutons à cela l’impression qu’on a de toutes façons pas notre mot à dire, il y a de quoi décourager ce 5e pouvoir.

A new hope

Pourtant, l’espoir de Tristan, je le partage. Ce 5e pouvoir n’avait pas les outils pour agir de part lui-même. Les urnes et les manifestations ne sont que de la poudre aux yeux. Les médias ne sont qu’un vecteur de communication à sens unique. Aujourd’hui, avec Internet, l’information circule dans les deux sens. Au contraire du téléspectateur, l’internaute est actif face à son média. Il choisi les sites qu’il fréquente, il peut confronter plusieurs sources et peut lui aussi diffuser de l’information par ses propres moyens. Des newsgroups du début d’Internet, on est passé de la « page perso » des années 80-90, aux forums pour être actuellement sur la mode des blogs, on n’a jamais manqué de moyen pour diffuser de l’information. Ce qui fait la différence en ce moment, c’est le fait que ces moyens sont de plus en plus simple d’accès, permettant au plus grand nombre d’en prendre possession et d’y aller de sa plume.

Du coup, on n’a plus ce rapport passif face à l’information, on réagit, on rebondit, on débat, pour être à la fois récepteur et émetteur d’informations, permettant encore plus de croisement et de confrontation. Et de nos jours, l’information c’est le pouvoir, l’informatique est la science du traitement de l’information, pouvoir donner au citoyen la capacité d’agir sur l’information, c’est faire naître pour de vrai ce 5e pouvoir. Une autre vertu est que l’information devient de plus en plus décentralisée, limitant les risques de sa manipulation à des fins peu louables.

Patience

Toutefois, il faut garder les pieds sur Terre : ça ne reste qu’un espoir. Les politiques commencent à sentir qu’ils perdent le contrôle. Sous couvert de protection du citoyen contre les abus, sous couvert de la lutte contre le piratage, ils essaient de mettre des moyens judiciaires et techniques pour mettre la main basse sur cette liberté pas assez cadrée. La loi Hadopi en est une triste illustration, et la Chine leur montre la seule voie possible pour garder sous contrôle « l’Internet ».

Mais je garde espoir car il n’est pas trop tard. A moins de museler la Terre entière d’un seul coup, manu militari, aucun moyen technique ne sera assez fiable pour empêcher les gens de passer entre les mailles du filet. Thierry Crouzet, ex-journaliste, ex-ingénieur, « expert en rien du tout » comme il aime le revendiquer, résume tellement bien mon sentiment et pointe un aspect que j’avais négligé : l’aspect économique qui les poussera toujours à la faille.

Ce qu’il manque, c’est une prise de conscience, une volonté des gens pour prendre le contrôle de ces outils si puissants qu’ils leur permettront, dans un avenir à moyen terme, de changer le monde.