Un autre facteur du cloisonnement de la pensée

Je vais revenir encore un peu sur ce sujet de cloisonnement de la pensée. Ce coup-ci, pas de lien avec les technologies, mais plutôt avec notre biologie.

Cette vidéo m’a fait prendre conscience d’un facteur aggravant dans cette épidémie de « fake news » :

Je vous conseille de la regarder. C’est très instructif, et pour les fainéants ou les non anglophones, je vais résumer l’idée : réfléchir est déplaisant. On a deux types de fonctionnement : l’un est fainéant et demande un effort conscient de notre part ; c’est ce mode qui analyse, qui décortique et qui trouve les erreurs quand on corrige un truc. L’autre est hyper rapide et traite un flux continu d’informations venant de nos sens, repère les éléments clés, jette le reste et réagit en conséquence. Tout ceci se passe sans qu’on s’en aperçoive et ne nous demande aucun effort. C’est ce qui se passe quand on marche, par exemple.

Ce n’est pas l’objectif de la vidéo, mais elle met bien en exergue le fait que réfléchir demande un effort et qu’on est naturellement fainéant. On n’aime pas réfléchir, c’est dans notre nature, ça demande un effort et donc ça consomme des ressources. Et comme tout ce qui est exigeant, la nature l’a rendu déplaisant pour éviter qu’on le fasse trop.

Du coup, ajoutez cette fainéantise naturelle au mix des bulles d’informations générées par des algorithmes, et vous voilà avec un troupeau de gens enfermés dans une vue du monde biaisée et qui, en plus, n’ont aucune envie d’en sortir : ils pensent avoir raison, leur « Gunn » repérant des éléments clés qui leur parlent dans les « news », ils ne font pas l’effort de faire travailler « Drew » pour vérifier si ce qu’ils sont en train de lire ne serait pas un peu du caca.

Pas très optimiste pour l’avenir…