Site web statique et écologie

Lorsque j’ai décidé de passer à un site statique, je ne visais qu’à simplifier mon installation sur le serveur. Je ne voulais plus avoir à mettre à jour PHP, MySQL et tous les plugins Apache pour que PHP puisse fonctionner. Mais j’ai découvert un autre bienfait à cette simplicité.

Site web « écolo »

C’est un article Slashdot qui m’en a fait prendre conscience. On y apprend l’existence d’un site web auto-hébergé sur un Olimex A20-OLinuXino-Lime2, un ordinateur low cost sur processeur ARM et alimenté par un panneau solaire.

Le hardware n’est pas très puissant, ce qui allège déjà beaucoup la consommation, mais ils ont dû faire des choix technologiques pour tirer la consommation encore plus bas.

Site statique

L’un des points les plus importants, c’est bien évidemment le fait que le site web soit statique. Je l’ai déjà expliqué dans mon premier article utilisant Cobalt : quand vous visitez un site Internet, il est, la majeure partie du temps, dynamique. La page que vous consultez est créée à la volée en récupérant le contenu dans une base de données, contenu qui est ensuite mélangé à des templates qui définissent l’aspect du site, puis le résultat est envoyé au navigateur. Si vous quittez la page et y retournez plus tard, c’est encore la même rengaine (je passe sous silence le système de cache pour simplifier), et l’ordinateur qui héberge le site consulté refait tourner son CPU, ses disques durs, etc.

Sur un site statique, tout ce calcul n’est fait qu’une fois. C’est le résultat qui est stocké sur le disque du serveur et qui est transmis à votre navigateur. Pas de calculs à chaque visite = moins d’énergie consommée. Mais ils sont allés encore plus loin dans la réduction de l’empreinte énergétique de leur site.

Compression noir et blanc

Plus une page est lourde, plus il faut télécharger de données pour l’afficher, et ceci fait travailler toute la chaîne des appareils entre vous et le serveur où se trouve le contenu. Afin de réduire le poids des pages, ils ont choisi de compresser les images en utilisant un vieil algorithme de compression noir et blanc : le dithering.

Le rendu n’est pas très esthétique, mais l’image reste lisible. De plus, combinée aux capacités des navigateurs web à manipuler le rendu des images, on arrive à les coloriser pour offrir ainsi un peu de diversité.

Pas de trackers, pas de polices, pas de logo

Un tracker tiers pour mesurer l’audience ou à des fins publicitaires constitue une information à communiquer à Google Analytics (ou autres). De même pour les polices, qu’on peut mettre pour personnaliser le site. Du coup, ils s’en passent totalement, la page s’affichant avec la police par défaut du navigateur et la mesure d’audience étant faite en lisant tout simplement les logs déjà produits par le serveur qui héberge le site (j’en parlerai un jour). Enfin, ils n’ont jamais vraiment eu de logo officiel, du coup s’en passer fut facile.

Conclusion

Il est vrai que la consommation énergétique des sites n’a fait qu’augmenter sans restriction depuis l’essor d’Internet auprès du grand public. Toujours plus de choses à afficher, toujours plus de tracking… et ce site solaire a le mérite de faire réfléchir à cette problématique. Il est vrai que je ne suis pas passé à un site statique pour ça, à l’origine, mais ça me conforte dans l’idée que j’ai pris la bonne décision. :) Je ne suis pas encore prêt à me passer d’images pour aérer le texte ou à me passer d’une police choisie, mais ça viendra peut-être un jour !