#IE6syndrom

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Ça fait un moment que j’essaie de faire du bruit autour de moi sur le navigateur Chrome, non pas pour en faire la publicité, mais au contraire, pour dénoncer le danger qu’on encourt avec. Et comme Firefox à 10 ans, c’est peut être l’occasion de le faire ce billet 🙂

Un petit rappel sur l’age sombre d’Internet

Retour en arrière, il y a 10 ans, Microsoft avait gagné la première guerre d’Internet en abusant de sa position dominante dans le parc informatique mondial et Internet Explorer était utilisé par 95% de la planète connectée. Du coup, les gens qui faisaient les sites web se concentraient sur ce navigateur, on parlait de site « optimisé pour IE6 ». On aurait du dire « limité à IE6 » car étant en situation de monopole, Microsoft cessa le développement d’IE6, laissant le web stagner pendant 3 ans. Oui, trois ans. Et on sait qu’à l’échelle de la technologie, 3 ans, c’est énorme. Trois ans pendant lesquels Microsoft est allé jusqu’à démanteler l’équipe chargée du développement du navigateur.

Période des lumières grâce au panda roux

firefox_logo-only_RGBArriva Mozilla Firefox 1.0 qui modifia le visage du web petit à petit pour enfin relancer l’innovation sur Internet, poussant Microsoft à reprendre le développement d’IE. Permettant à des services comme Twitter, Facebook, Dropbox et j’en passe de voir le jour (ce n’est pas avec les fonctionnalités offertes par IE6 qu’on aurait pu le faire).

Puis Google se lança dans la guerre des navigateurs aussi avec Chrome. Ce qui est bien, avoir des concurrents stimule l’innovation. Et ce fut le cas pendant quelques années, mais depuis 1 an ou 2, Google commence à délirer. Leur credo qui était « Do no evil » ( « ne rien faire de mal ») sonne de plus en plus faux sur plein d’aspects (coopération avec la NSA sur l’espionnage d’une nation entière, voir tout ce que Snowden a pu dénoncer) mais je vais m’arrêter sur ce qu’ils sont entrain de faire au web.

Age sombre 2.0

Au fur et à mesure que Chrome prenait des parts de marché, on a vu une dégradation claire et nette de la part de Google dans sa volonté de respecter les standards du Web (ce qui vous permet de voir un site que ce soit avec Chrome, Firefox, Opera ou Safari). Ça a commencé avec des expérimentation de jeux avec le Chrome sur Android comme manette, communiquant avec le Chrome sur le desktop. C’est des expérimentation, si ça mène à un standard officiel ensuite, tout va bien. Mais je me suis aperçu que Google Photo, qui permettait de faire des manipulations d’images (recadrer, mettre des stickers…) depuis Firefox ne fonctionne plus depuis plus d’un an, un superbe bandeau venant nous inciter à installer Chrome.

On continue avec Hangout dont j’ai déjà parlé et qui fonctionne donc uniquement en tant que plugin pour Chrome.

Dernier exemple en date : Inbox by Gmail. Une superbe page nous disant que c’est pour Chrome only (d’autres navigateurs arrivant « bientôt ») là encore, avec un lien pour installer Chrome.

Vous le voyez le danger ou pas ? Aller, je vous aide : Google abuse de sa position dominante sur le web pour imposer son navigateur. J’ai déjà croisé des sites qui se proclament « Optimisé pour Chrome », ça vous rappelle un truc ?

Que faire pour éviter au web de re-sombrer dans une léthargie pendant l’équivalent d’une Ère glacière à l’échelle du net ? Utilisez Mozilla Firefox. Il possède une différence capitale par rapport à tout autre navigateur : il ne cherche pas le profit. Et ça change TOUT.

Leap motion

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Il y a eu récemment une vidéo présentant un appareil de pointage par détection de mouvement qui à fait une très forte impression sur Internet :

Cette vidéo a tout de suite fait penser à Minority Report et ça a suffit à enflammer la toile. Un engouement savamment entretenu grâce à des démos en situation réelle et non plus dans une vidéo commerciale.

Ce Leap Motion semble donc tenir ses promesses en terme de précision. Maintenant que le buzz est retombé — le produit est en pré commande mais ne sortira qu’en fin d’année au mieux — je me pose la question de ce que ça peut changer dans l’ergonomie du poste de travail. D’autres bloggeurs ont parlé du domaine médical ou le chirurgien n’aurait plus à toucher un dispositif de pointage et donc se relaver les mains.

Moi j’essaie de voir à mon niveau en tant que grand consommateur d’Internet, développeur, photographe amateur et joueur occasionnel si ça peut vraiment améliorer l’ergonomie de mon poste de travail.

Le principal soucis du leap motion, c’est qu’il faille avoir la main au dessus, du coup pour une utilisation continue prolongée, on risque de vite se fatiguer à avoir son bras en l’air comme ça. Le deuxième problème que je lui vois tiens à sa façon de fonctionner : la détection de mouvement. Du coup si par accident on passe dessus, on déclenche un mouvement de souris.

Là où ça pourrait faire un très gros carton par contre c’est dans les métiers de l’image. Pouvoir manipuler les images avec ses mains rendrait la tâche plus ergonomique et naturelle. Je pense aussi à une intégration dans les ordinateur portable : on supprime l’encombrant touchpad et on met un leap motion entre l’écran et le clavier : pas de risque de déclenchement accidentel, gain de place, plus de clic souris quand la paume frôle le touchpad lors de la frappe.

Je suis bien conscient aussi que je pense selon notre utilisation actuelle des appareils de pointage et il est possible qu’on change totalement notre façon de pointer sur un écran avec ce genre d’appareil qui mettrait en défaut aussi bien les griefs que les bienfaits que j’imagine. Ce dont je suis certain actuellement c’est que ça ne va pas remplacer souris ou trackball tout de suite, ça va venir en complément puis le temps nous dira si la mayonnaise prend.

Boot 2 Gecko

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Avec mes deux articles sur pourquoi je déteste Apple, vous aurez compris que la liberté dans les technologies me tiens à cœur. Cette liberté est ce qui me fait préférer Android à iOS. Android étant basé sur Linux, le code source est distribué par Google, du coup la communauté s’en est emparé et c’est ainsi qu’on voit des ROM alternatives comme la célèbre CyanogenMod.

Vous allez me demander à quoi ça sert ?

De l’ouverture

Ça nous permet de bénéficier des dernières versions d’Android quand le constructeur n’assume plus son appareil. En effet, il est courant que les constructeurs (Samsung, HTC, Motorola, LG…) dans leur intérêt, ne se donnent pas la peine de mettre à jour leur appareils à la dernière version d’Android disponible. C’est l’obsolescence programmée. Ici la communauté du Logiciel Libre nous permet de faire bénéficier des progrès d’Android malgré tout.

Cette ouverture a permis récemment à un groupe de bidouilleurs des optimisations qui ont fait gagner un facteur 2 en performance à Android. Cyanogen a dors et déjà annoncé qu’ils allaient intégrer ces avancées dans leur version.

Donc, si je résume le message que je veux faire passer depuis deux paragraphes : l’ouverture permet l’innovation et le progrès.

Mais Android n’est pas totalement libre et ouvert, des portions de logiciels sont propriétaires et seuls les morceaux venant de Linux sont soumis à cette ouverture. Alors quand j’ai appris que Mozilla se lançait dans un système concurrent à iOS et Android, je n’ai pu que me réjouir.

De la fragmentation du web mobile

Mozilla n’étant pas à but lucratif, les motivations qui le pousse à faire un système pour smartphone sont forcément plus noble : aujourd’hui, on voit de plus en plus de site web commander des « app » pour smartphone afin d’accéder au contenu de leur site. C’est une énorme régression par rapport à tout ce que Mozilla a accompli pour le web. Souvenez vous de l’époque où les sites étaient fait uniquement pour IE6, ignorant les standards du web et embourbant l’innovation sur Internet pendant 10 ans. Sans Mozilla et son Firefox, aujourd’hui Twitter et Facebook n’existeraient pas, et Google ne serait pas la réussite que l’on connait.

On assiste aujourd’hui au même type de problème : au lieu de se concentrer sur une version de site mobile propre et standard lisible par les navigateurs internet, ils paient des développements multiples pour amener leur contenu sur les smartphones (bon ça me paie mon loyer, mais techniquement c’est vraiment pas top).

La mission Mozilla

Mozilla va donc utiliser le web standard, conformément à sa démarche, et l’intégrer tel quel dans les smartphones. Tout ce qu’on fait sur nos Android ou iPhone est faisable depuis le web, sauf accéder aux ressources matérielles de l’appareil (GPS, appareil photo, stockage…). Boot 2 Gecko (récemment renommé Firefox OS) va permettre aux web apps d’accéder de manière sécurisée aux ressources du téléphone pour pouvoir offrir la même expérience utilisateur qu’une application native Android, mais en s’appuyant sur les standards du Web.

De ce fait, le système en son entier est open source et on peut regarder le code source de chaque application aisément pour apprendre comment elle a été faite et progresser soi-même.

Le revers de la médaille va se situer auprès des éditeurs d’applications qui seront mécontents de voir leur appli aussi facilement recopiable, mais toute l’énergie qu’ils mettent sur une protection anticopie qui sera de toute façon cassée sera bien mieux employée pour innover afin de monétiser autrement leur travail : Mozilla fait de l’argent avec Firefox qui est totalement open source.

C’est l’argument des pro Firefox OS et j’espère que les acteurs du marché suivront. De mon côté je surveille ça du coin de l’œil et envisage une ré écriture de Radis sur Firefox OS si le besoin s’en fait sentir ! 😉

Une histoire de mise en abyme

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Facebook va lancer un service de question-réponse en utilisant ce qu’ils savent sur les gens pour leur soumettre des questions posées par d’autres. Un tel service existe déjà (Yahoo a le sien) mais la dimension de ciblage vers les gens qui s’intéressent au sujet donné pourrait faire la différence.

Le phénomène qui me fait réagir, c’est qu’on assiste à une mise en abyme de l’écosystème informatique : tout d’abord il y a le système d’exploitation, où Microsoft est le roi incontesté avec Windows. Puis le web est arrivé, Microsoft n’a pas vu Google comme un danger et quand il s’en est aperçu, il était trop tard. Internet a pris de l’envergure et de l’ampleur, puis on a assisté à une déportation des traitements et des données vers la toile, le fameux cloud computing.

La tendance commence à peine à prendre de la vitesse qu’on en voit émerger une nouvelle : mettre Internet… Dans un site internet. Oui oui, vous avez bien lu, c’est ce que m’inspire la stratégie Facebook en ce moment.

Facebook, c’était juste un réseau d’étudiants. Puis un peu tout le monde s’est inscrit, faisant de Facebook le réseau social numéro un. Des jeux flash avec dimension sociale se sont développés, la messagerie interne a des ambitions de détrôner les gmail et autres hotmail, on peut y mettre des photos (comme Flickr), des vidéos (comme Youtube), on y discute en différé (comme sur les forums), ou en temps réel (comme sur Jabber) et maintenant le question-réponse à la Yahoo…

Le pire dans cette histoire, c’est que les gens adoptent alors que ces services sont de moindre qualité, car c’est plus simple pour eux d’avoir ces services au même endroit. Moi ça me fait juste très peur de voir un internet corrompu par une unique société qui est dangereuse (elle l’a prouvé maintes fois).

Alors ouvrez les yeux, ne mettez pas vos œufs dans le même panier, Flickr, Picasa (ou autre site de photo) offrent de meilleures résolutions à vos photos — elles le valent bien, non ? —, Youtube ou Dailymotion offrent une bien meilleure qualité à vos vidéos, Google talk ou même MSN (et ça m’écorche de le dire) offrent une bien meilleure expérience utilisateur pour la messagerie instantanée, etc… Surtout que rien ne vous empêche ensuite de mettre un lien sur facebook pour partager avec vos amis !

Ce qu’on aurait gagné à passer à Wave

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Je préparai cet article pour promouvoir Wave. Et je découvre avec stupeur que son développement a été interrompu purement et simplement 🙁

Je voyais Wave comme l’outil fédérateur manquant : membre de plusieurs forums, j’espérais un moyen de rassembler mes différentes interventions dans Wave.

Il m’arrivait aussi d’avoir une discussion IM (jabber) depuis le travail et de m’envoyer un mail sur gmail pour récupérer l’information une fois chez moi ; avoir eu la discussion dans Wave m’aurait évité cette étape.

Ils avaient montré une intégration avec Blogger pour suivre les commentaires d’un post de blog depuis Wave, j’attendais le plugin WordPress avec impatience…

Tout cela n’est que gain de temps et de confort, mais le cas qui m’a fait rêver d’un monde où tout le monde utiliserait Wave, c’est simplement dans les emails que je l’ai croisé : un mail de masse pour organiser une fête ou un cadeau, les gens répondent à partir du dernier mail reçu qui est déjà périmé car quelqu’un d’autre a répondu. Ceux qui ne peuvent se joindre à la fête et qui veulent être enlevés de la — très — longue liste des destinataires, qui doivent le demander encore car une copie du mail avec eux circule toujours. Les mails de réponse en chaîne car une personne réponds à chacun des mails reçus à grand renfort de « oubliez le mail précédent »… Tout ce chaos était résolu dans Wave… *soupir*

Alors pourquoi cet échec ? Une trop grande puissance.

Cet outil est complexe, il y a du wiki, du mail, de l’instant messaging, du document collaboratif, du réseau social, du temps réel… un peu trop de choses pour le quidam qui ne maîtrise pas la moitié de ce je viens d’énumérer. Faire une interface qui permette de manipuler cette richesse n’est pas aisé et ce qu’ils ont fait n’était pas suffisant : compliqué, lent (dur de s’en servir sur un netbook un peu ancien).

Une autre raison du fiasco est la politique d’ouverture : le coup des invitations, ça a marché avec Gmail car ça fonctionne avec les autres gens qui ont un mail qui ne soit pas Gmail. Faire ça avec un service qui ne fonctionne qu’avec lui-même, pour du collaboratif, c’est le rendre inutile d’office. L’ouvrir à tout le monde un an plus tard n’aura rien changé, le buzz étant tombé.

Enfin, le truc qui a ruiné Wave : le manque d’intégration avec les emails. Quand on a comme ambition de réinventer le mail, il faut pouvoir l’absorber pour faire venir les utilisateurs. Était-ce techniquement trop difficile ? Je ne sais pas, mais je me souviens que ce fut ma plus grande déception quand j’ai mis la main sur le service.

Du coup, le mail n’est pas prêt de mourir (gardant avec lui tous ses défauts) et on va devoir attendre du progrès du côté de Mozilla et son projet Raindrop pour la centralisation.

Tout ça me laisse un goût amer de déception 🙁