Wave : premières impressions

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Je l’attendais depuis le 30 Septembre dernier, j’ai fini par avoir ce sésame pour enfin toucher à Wave ! Voilà deux jours que je peux essayer ce logiciel qui veut détrôner l’e-mail. Allons-y sans détour : c’est loin d’être prêt. En vrac, je liste ce qui ne m’a pas plu :

  • Le manque de raccourci clavier (je n’ai trouvé que Ctrl-Entrée mais ça crée un sous-message)
  • L’impression de manque de fluidité dans l’ergonomie
  • Les robots ne marchent pas vraiment (j’ai essayé emotibot pour mettre des smileys)
  • Le manque de fonctions simples comme la possibilité de mettre une étoile à un wave : devoir passer par un robot pour ces deux fonctionnalités me paraît dommage
  • La mise à jour de la liste de contact n’est pas automatique
  • Je pense que c’est un bug mais je n’avais pas de pastille indiquant qui est connecté
  • Pas de passerelle entre les email et les wave (en cours) et surtout avec Gmail en particulier (rien vu sur le sujet)
  • Le fait que ce soit un système de communication totalement nouveau et accessible sur invitation fait que le premier jour, je me suis retrouvé sans personne avec qui échanger de message. Je n’ai pu tester que le 2e jour
  • On ne peut pas supprimer un participant d’un wave et on ne comprend pas bien pourquoi
  • Le fait de voir les autres taper en live est finalement déstabilisant, on lit au lieu de se concentrer sur ce qu’on a à dire.

Finalement, tout ça m’a fait l’effet d’un pétard mouillé. L’ensemble est très complet, on peut faire beaucoup de choses avec mais le manque d’ergonomie de l’ensemble contraste terriblement avec gmail (c’est mon impression).

Google a encore vraiment beaucoup de travail pour rendre le tout accessible de manière intuitive : rien n’a vraiment bougé depuis l’annonce initiale, le travail ayant porté sur le moteur je suppose.

Mais ne soyons pas rabat-joie, il est bien marqué que c’est une preview (même pas une bêta donc) et je perçois quand même un potentiel en tant que remplaçant de l’email, mais il va falloir convaincre, avoir plein d’extensions qui font le lien avec l’existant : si les gens ne retrouvent pas leurs repères, le produit sera voué à l’échec.

Le véritable objectif de Wave

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Je passerai sur les raisons qui m’ont poussées à réactiver mon compte facebook (saleté de jeu), mais en me reconnectant et en revoyant comment le tout fonctionne, j’ai été saisi d’une idée qui m’a paru tellement évidente sur le moment : Google veut tuer Facebook.

Le réseau social, c’est le seul domaine dans lequel Google n’excelle pas. Ils ont bien Orkut mais l’audience reste confidentielle (rédhibitoire pour la réussite d’un réseau social). Facebook lui est une réussite sans précédent : les gens arrivent à perdre un temps considérable sur les différents aspects de ce phénomène du web 2.0 : juste retrouver des gens (copain d’avant mais en gratuit et en plus amusant), partager des photos, jouer à des applications hyper variées (et très souvent sans aucun intérêt) développées par des tiers, de la pub vient financer le tout…

Google n’a pas ça, alors il invente Wave. Oui, certes, Wave c’est officiellement le remplaçant du mail. Mais quand on y regarde de plus près, Wave, c’est un facebook d’une nouvelle génération. On a tout ce qui fait le succès de facebook : contact, message (et en vachement plus rapide), mise à jour en temps réel (plus rapide que facebook donc), partage d’informations, applications tierces, l’ouverture en plus (le fait d’associer un wave à son blog par exemple).

Comment ça va se passer ? C’est très simple et c’est justement grâce à cette ouverture qu’ils vont réussir : il y aura un moyen de mettre facebook dans Wave, et là tout sera absorbé de manière complètement organique, les gens iront de moins en moins sur leur page facebook (on peut tout faire depuis Wave) et finiront peut être par carrément le laisser tomber.

J’ai peut-être tort, mais voilà, c’était une juste idée qui s’est invitée dans mon cerveau 🙂

Vagues en liberté

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Depuis la démonstration, il n’y avait plus eu vraiment de nouvelles sur Google Wave. Il y a eu l’annonce comme quoi 100 000 utilisateurs pourront tester Wave mais suffisamment relayée pour que je n’en parle pas.

Par contre un truc qui vient de tomber et qui me semble important est qu’une partie du code de l’implémentation de Google du protocole Wave a été libéré. La bonne nouvelle, c’est que le tout est sous licence Apache 2.0 qui est belle est bien libre ! La mauvaise nouvelle c’est que ce ne sont que les premières briques et que les recommandations de Google me semblent bien mystérieuses.

En effet, le cœur du système est ce qu’ils appellent l’Operationnal Transformation (OT) et Google semble dire que c’est tellement compliqué qu’il vaut mieux partir de leur code. Ce qui enferme les futurs contributeurs dans le langage choisi par Google : Java. C’est pas que j’ai une dent contre ce langage mais ce choix implique beaucoup de choses.

Petite parenthèse technique pour saisir : Java est un langage de programmation inventé par Sun Microsystem, une grande compagnie informatique. Les programmes écrits dans ce langage nécessitent l’installation de la Java Virtual Machine (JVM), appellé par abus de langage « Java ». Vous avez surement installé Java sur votre machine au même titre que Flash ou Quicktime par exemple. Fin de la parenthèse, toujours là ?

Donc il faut cette Java machin chose pour pouvoir exécuter le Google Wave. Donc on dépend encore d’une autre technologie pour faire fonctionner le tout. On pourrait tout réécrire dans un autre langage, mais Google semble dire que la problématique est tellement complexe qu’il n’est pas raisonnable de se lancer là-dedans sans avoir des problèmes de communication entre les différents Wave.

L’avenir nous dira si la communauté open source saura décrypter les subtilités de ce OT pour en faire une version totalement alternative et toutefois compatible à 100%. Mais ne restons pas sur une note négative, il faut quand même saluer la libération du code sous licence Libre (ce qui aidera grandement les gens qui veulent une implémentation dans un autre langage).

Surfons sur la vague (5/5)

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Voici le cinquième et dernier billet de la série sur Google Wave et ce que ça apporte.

  1. Genèse
  2. Email et Instant Messaging
  3. Travail collaboratif
  4. Extensions
  5. Ouverture (vous y êtes)

Ouverture

On est en présence d’un nouvel outil de communication qui est plein de potentiel, Google ayant pour ambition de remplacer l’email. Leur présentation a généré un formidable engouement tout autour du globe mais des gens ont quand même été méfiants vis-à-vis de cette technologie.

C’est tout à fait légitime, Google étant déjà très puissant, on commence à le voir comme le nouveau Microsoft : il y a des risques que la société acquiert trop de pouvoir et ne se mette à abuser de sa position dominante. Avec la quantité d’informations personnelles qu’elle possède, on peut effectivement se faire du soucis.

Eh bien ça vaut ce que ça vaut, mais tout le système est annoncé comme ouvert. Ouvert au niveau du protocole, ce qui permet à tout le monde de programmer son propre wave tout en étant capable de parler avec les autres versions de Wave (dont celle de Google). Là, on se dit que c’est bien beau mais Google ayant un beau proto qui tourne bien, ils ont une sacrée avance.

Le client Google est (presque) entièrement codé en suivant le standard HTML5, ce qui permettra au plus grand nombre des navigateurs internet d’afficher correctement le logiciel (en gros, il va en manquer un… devinez lequel…).

Là, Google annonce que tout ce qu’on a vu sera open source, n’importe qui pourra partir du proto et le modifier à sa guise. Il faut bien sûr attendre de voir une fois que ce sera fait, sous quelles conditions, quelle licence etc… mais ça a au moins le mérite d’avoir une volonté d’ouverture.

Cette ouverture n’est pas anodine : si ce système de communication restait 100% Google (codé par, hébergé par), il n’aurait aucune chance de percer. Le seul capable de faire ça est Microsoft – et il l’a déjà fait avec MSN supplantant ICQ, grâce à un abus de position dominante – et Google le sait. Du coup, il s’appuie sur la communauté de développeurs, en leur présentant un prototype assez buggé (il y a eu quelques incidents pendant la présentation) ce qui est vraiment inhabituel pour Google afin de fédérer un maximum de monde.

Conclusion

En discutant avec des non geeks, je me suis aperçu que ça n’intéressait pas beaucoup les gens finalement. Il y a bien sûr le facteur « habitude » qui est vraiment très difficile à casser, je me souviens encore de ma croisade pour Firefox contre IE à ses tous débuts, les gens n’aimaient pas les onglets !

Google a donc beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre son but mais il a les épaules à n’en point douter. Personnellement, je trouve beaucoup d’avantages à ce système. J’ai beaucoup de communications sur divers média et pouvoir les consulter de manière centralisée sera un gain de temps énorme. Ça me rappelle un peu le jour où j’ai découvert les flux RSS : une manière centralisée d’être notifié des mises à jour de mes sites préférés sans avoir à faire ma « tournée ».

Bref, je suis parfaitement d’accord pour dire que l’email est totalement dépassé aussi bien architecturalement – copier le même objet n fois au lieu d’en partager un unique – que techniquement – toutes les informations techniques d’un mail sont modifiables à volonté, rien de plus simple que de créer un faux mail de toutes pièces, preuve en est de certains spams qu’on reçoit, dont on est soi-même l’auteur. J’espère que Google poussera bien cette plateforme et la laissera aussi libre qu’il le prétend (et si c’est le cas j’y contribuerais sans aucun doute) pour qu’on se dote enfin d’un moyen de communication moderne et efficace.